Valneva rebondit en Bourse grâce à une avancée sur son vaccin contre Lyme, malgré des risques persistants qui incitent à la prudence. ( crédit photo : Getty Images )
Le fabricant de vaccins contre les maladies infectieuses Valneva signe un spectaculaire rebond en Bourse. Après avoir plongé de 39% en une seule séance en mars, le titre profite désormais d'une étape réglementaire majeure pour son candidat vaccin contre la maladie de Lyme. De quoi réveiller l'intérêt des investisseurs, même si les signaux d'alerte restent forts et appellent à la prudence.
Sommaire:
- Une envolée guidée par l'Agence européenne des médicaments
- Le spectre de la chute de mars
- Des fondamentaux encore sous tension
Une envolée guidée par l'Agence européenne des médicaments
Après plusieurs mois difficiles, l'action Valneva a retrouvé une partie de son éclat. Sur les trente derniers jours, le titre affiche une progression de l'ordre de 25%. Ce regain d'intérêt spectaculaire trouve son origine dans le franchissement d'un jalon réglementaire clé: l'Agence européenne des médicaments (EMA) a officiellement accepté d'examiner la demande d'autorisation de mise sur le marché du candidat vaccin contre la maladie de Lyme, développé en partenariat avec le géant pharmaceutique Pfizer.
Le 14 août dernier, cette annonce avait notamment permis au titre de s'envoler de plus de 22% en une seule séance et de repasser au-dessus de la barre des 3 euros, un seuil dont il reste aujourd'hui relativement proche. Si l'acceptation du dossier par l'EMA ne préjuge pas de la décision finale concernant l'autorisation du vaccin, elle constitue néanmoins une étape réglementaire majeure pour Valneva.
Rappelons qu'à l'heure actuelle, il s'agit du candidat vaccin le plus avancé au monde contre la maladie de Lyme, alors qu'aucun vaccin humain n'est disponible en Europe ni aux États-Unis. Plus de 200 millions de personnes vivent dans des zones à risque en Europe, et plus de 100.000 cas y sont recensés chaque année.
Le spectre de la chute de mars
Les investisseurs n'ont toutefois pas oublié le vent de panique du 23 mars dernier, date à laquelle le cours s‘était effondré de 39% en une seule journée. À l'époque, la publication des données cliniques du candidat vaccin contre la maladie de Lyme avait douché l'enthousiasme général. Si l'efficacité du produit n‘était pas remise en cause, le nombre de cas observés s'était révélé trop faible pour permettre de valider le critère statistique principal de l'étude.
Cette annonce avait provoqué une brutale réévaluation du dossier par les investisseurs. La chute avait été d'autant plus violente que le vaccin contre Lyme constitue un élément central des perspectives de Valneva. En cas d'autorisation, son potentiel commercial pourrait dépasser le milliard de dollars de ventes annuelles à son pic, selon les estimations communiquées par la biotech.
Des fondamentaux encore sous tension
La séquence actuelle ravive donc l'appétit de certains investisseurs et analystes. Le broker Stifel reste ainsi à l'achat sur le titre. Mais les signaux d'alerte restent nombreux. Le marché avait notamment mal accueilli la publication, mi-août, d'un chiffre d'affaires de 65,8 millions d'euros pour les six mois clos au 30 juin 2026, contre 97,6 millions d'euros sur la même période en 2025. Le groupe a néanmoins indiqué avoir engagé des mesures de réduction des coûts et de maîtrise de sa trésorerie. Sa position de cash reste solide, mais elle fait désormais l'objet d'une surveillance accrue.
Le vaccin contre la maladie de Lyme constitue de fait le principal « moteur de valorisation » de la société, selon Invest Securities, en particulier après les récents revers essuyés sur son vaccin contre le chikungunya, Ixchiq . La route reste donc longue avant d'atteindre une rentabilité stable et pérenne.
Valneva présente ainsi le profil typique d'une biotech: un potentiel de croissance important, mais aussi une forte exposition aux risques cliniques, réglementaires et financiers. La forte dépendance du laboratoire à la réussite de son vaccin en est un exemple. Si l'avancée en Europe après le feu vert de l'EMA constitue une étape majeure, les investisseurs ont aussi le regard tourné vers l'autre côté de l'Atlantique. Le marché espère une décision similaire de la Food and Drug Administration (FDA). Celle-ci pourrait ouvrir à son tour la procédure d'examen du dossier aux États-Unis.
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